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Vin bio, biodynamique, naturel, vegan, Terra Vitis, Nature et Progrès… Pas facile de s’y retrouver ! On remet tout ça à plat pour vous ôter le doute une bonne fois pour toute.

Agriculture raisonnée : Terra Vitis et certification HVE

L’agriculture raisonnée consiste à privilégier au maximum les solutions naturelles et à ne traiter la vigne contre les maladies et certains organismes aux effets dévastateurs que lorsqu’il n’y a pas d’autres choix pour sauver la récolte. Il s’agit en quelque sorte de faire un usage “intelligent” des pesticides, notamment dans les régions où le climat rend la conversion en bio plus difficile.

Deux certifications existent aujourd’hui :
–  Terra Vitis, qui est en fait un réseau de plusieurs centaines de vignerons, et dont le cahier des charges comprend trois volets : écologique, social, et économique.
– La certification HVE (Haute Valeur Environnementale), issue du Grenelle de l’Environnement et qui comporte trois niveaux. Elle remplace la certification “Agriculture Raisonnée” qui est équivalent au niveau 2, tout comme Terra Vitis.

Vins bio : l’Eurofeuille et le logo AB

Un cran au dessus on a le bio, qui bannit les produits de synthèse (pesticides, engrais chimiques) de la culture de la vigne et impose également certaines restrictions en termes de vinification telles que l’usage de matières premières bio (sucre, levures…) ou l’abaissement des doses maximales de sulfites. Cela est relativement récent : avant 2012, seule la viticulture était certifiée.

Deux labels coexistent : le label Agriculture Biologique, propriété du Ministère de l’Agriculture, et le label bio de l’Union Européenne, représenté par l’Eurofeuille. Le label français est aligné sur le cahier des charges européen, car les pays ne sont plus autorisés depuis 2009 à avoir leur propre réglementation concernant l’agriculture biologique. L’usage du logo AB reste autorisé mais est facultatif, alors que l’Eurofeuille doit obligatoirement apparaitre sur l’étiquette. Dans les faits, les deux sont souvent mis côte à côte. Avant 2012, seul le logo AB était aposé sur une bouteille de vin, là encore de manière facultative : à l’époque, seuls la mention “Vin issu de raisins biologiques” et le code de l’organisme certificateur étaient obligatoires.

Nature et Progrès et Bio Cohérence, le bio plus exigeant

En réponse au label de l’UE que certains jugent trop laxiste, quelques certifications bio privées ont vu le jour. On retrouve notamment Nature et Progrès, qui se définit comme un mouvement citoyen, et Bio Cohérence, fondé par Biocoop. Leur cahier des charges est plus strict que le référentiel européen.

 Par exemple, dans le cas de Nature et Progrès :
– 100% du domaine doit être en bio.
– Les vignes et l’exploitation doivent être localisés hors des zones exposées aux pollutions industrielles et issues de l’agriculture et de l’élevage intensifs. Les grands axes routiers doivent être éloignés de plus de 500m.
– Certains sous-produits d’abattoirs (poudres d’os et de sang, farine de viande) sont interdits pour la fertilisation des sols.
– Comme signalé dans l’article qui explique la distinction entre un vin bio et un vin végétalien, la gétatine et la colle de poisson sont interdits lors du collage, ce qui rend ces vins à minima végétariens.
– Les adhérents s’engagent en faveurs des circuits courts, des conditions de travail décentes, et des exploitations à taille humaine.

Vins en biodynamie : Demeter et Biodyvin

La biodynamie est un mode de production biologique (il est nécessaire d’être aussi certifié bio), qui a notamment pour objectif de renforcer la qualité et la fertilité des sols, notamment grâce à des préparations spécifiques comme la bouse de corne.

Demeter est le label le plus connu, car il concerne tous types de produits En plus des pratiques imposées pour la culture de la vigne, il possède également un cahier des charges précis pour la vinification, beaucoup plus strict que les autres labels décrits au-dessus. Il interdit notamment deux fois plus de produits qu’en bio, dont la gélatine de porc et la colle de poisson (comme Nature et Progrès).

Biodyvin est un label délivré par le Syndicat International des Vignerons en Culture Bio-Dynamique (SIVCBD). Celui-ci compte notamment parmi ses adhérents de nombreux domaines prestigieux. Le label ne concerne donc que le vin, mais s’intéresse surtout à la production des raisins. Le cahier des charges vinification, même s’il encourage à ne pas utiliser de produits oenologiques, ne comprend pas d’interdictions strictes du moment que le vigneron est en mesure de justifier ses choix.

Vins naturels : l’AVN et les vins S.A.I.N.S

Les vignerons produisant du vin naturel poussent la démarche beaucoup plus loin, puisqu’en plus d’être en bio ou biodynamie ils s’interdisent tout intrant (produit qu’on ajoute lors de la vinification), à part éventuellement un peu de soufre à des doses homéopatiques. Leur but est de manipuler le vin le moins possible et de laisser faire la nature (d’où leur nom !). Les vins ne sont notamment pas collés et sont donc végétaliens.

Il n’existe cependant pas de définition officielle et de certification pour les vins naturels. Le terme peut donc malheureusement être employé de manière abusive. Les adhérents à l’Association des Vins Naturels (AVN) et aux Vins S.A.I.N.S (Sans Aucun Intrant Ni Sulfite) s’engagent à respecter un cahier des charges, mais ça ne concerne que quelques dizaines de vignerons.

Vins végétaliens : Vegan Trademark, Label V, EVE Vegan, Qualità Vegetariana

Enfin, le meilleur pour la fin ! Un vin est végétalien s’il ne contient aucun produit d’origine animale En pratique, cela signifie qu’il n’a pas été collé avec de la gélatine de porc, de la colle de poisson, de la caséine de lait, ou de l’albumine d’oeuf. Le vigneron a donc utilisé une alternative végétale, à moins qu’il n’ait fait le choix de ne pas coller son vin du tout.

Quatre organismes délivrent un label vegan pour le vin :
– la Vegan Society, avec la Vegan Trademark (le logo au tournesol),
– l’Association Végétarienne de France (AVF) qui distribue le Label V, fruit d’un consensus entre de nombreuses associations en Europe,
– l’Associazione Vegetariana Italiana, qui possède son propre label : Qualità Vegetarianà,
– Expertise Vegan Europe, qui a créé le label EVE Vegan échelonné sur quatre niveaux, et qui certifie également les produits issus de l’agriculture bio-végétalienne via le Standard Biocyclique Végétalien.

Chaque label a son propre cahier des charges et utilise des critères différents. En particulier, EVE Vegan et Qualità Vegetariana intègrent certains aspects de l’emballage, notamment les adhésifs utilisés pour coller les étiquettes ou les cartons et qui sont susceptibles d’être d’origine animale.

Comme vous l’avez peut-être remarqué, cet article est un condensé de plusieurs autres qui rentrent beaucoup plus dans les détails de chaque type de vin. Je vous invite donc à aller les lire en cliquant sur les liens répartis tout au long de l’article.

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