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Même si la bouteille de vin que vous achetez ne contient aucun produit d’origine animale, il est fort probable que certaines substances animales aient été utilisés lors de la culture de la vigne. Pourquoi ? The Vegan Cellar vous explique tout.

Les pratiques détaillées ici ne sont pas spécifiques à la viticulture, elles sont utilisés partout : pour faire pousser les fruits, les légumes, les céréales… bref tout. Cet article aurait donc très bien pu s’appeler « Véganisme et agriculture », ou même « Véganisme et agriculture, horticulture et jardinage », mais ça faisait un peu long.

Le noeud du problème : les fertilisants

Le problème en viticulture, et en agriculture de manière générale ce sont les fertilisants. Leur but est de nourrir les plantes et le sol en leur apportant une dose supplémentaire de de nutriments comme l’azote ou le phosphore.

Plus un viticulteur souhaite produire des raisins de qualité, moins il utilisera de fertilisants (beaucoup moins que pour la culture des autres plantes). Mais il est rare de pouvoir s’en passer totalement : la vigne risquerait de développer des carences (et ouais, ça concerne pas que les véganes !)

Il en existe plusieurs types :
– Les fertilisants minéraux, issus de gisements ou de l’industrie chimique
– Les fertilisants organiques, issus de matières vivantes végétales ou animales

De manière générale, le consensus est qu’il vaut mieux utiliser des fertilisants organiques, plus respectueux pour l’environnement : les fertilisants minéraux ne sont finalement que des compléments qu’on utilise pour un effet « coup de fouet » car ils ont une action très rapide.

Du côté des fertilisants organiques d’origine animale, on retrouve en gros :
– Le fumier, qui est un mélange de paille et d’excréments d’animaux
– D’autres sortes d’excréments, dont ceux de chauves-souris et d’animaux marins (c’est ce qu’on appelle le guano)
– Des sous-produits d’abattoirs (plumes, os, sang…) qui sont achetés par les fabricants d’engrais et transformés avant d’être revendus aux viticulteurs, agriculteurs, ou peut-être à vous, humble jardiner ?

Et en bio ?

En viticulture bio, seuls les fertilisants organiques et quelques fertilisants minéraux d’origine naturelle sont autorisés. Tous les produits de synthèse, dont les fertilisants d’origine chimique et les pesticides, sont interdits. Le cahier des charges interdit également les fertilisants d’origine animale qui proviennent d’élevages industriels. La définition est assez vague, mais correspond grosso-modo aux exploitations où les animaux sont élevés exclusivement à l’intérieur de bâtiments (c’est ce qu’on appelle les élevages hors-sols).

En pratique, le viticulteur bio utilise généralement deux types de fertilisants : le fumier, et les matières provenant directement de la vigne et de la vinification qui sont compostés chaque année : bois de taille, feuilles mortes, et marcs de raisin (ce qu’il reste des baies une fois qu’on les a pressées).

Biodynamie, la corne d’abondance

Le but ici n’est pas d’expliquer tous les tenants et aboutissants de la biodynamie. Ce qui est important de savoir, c’est que la biodynamie reprend le cahier des charges de l’agriculture bio (il faut d’ailleurs d’abord être certifié bio avant de passer en biodynamie) mais applique certaines règles de manière plus stricte. En vinification, un certain nombre de produits autorisés en bio sont ici interdits (dont la gélatine et la colle de poisson !). Par contre, elle incluent obligatoirement des « préparations biodynamiques », en particulier six qui contiennent des éléments d’origine animale.

Le principe est le même pour toutes : il s’agit de faire fermenter dans le sol pendant plusieurs moi une matière (animale, minérale, ou végétale), après avoir été introduite dans une enveloppe animale. Elles sont destinées à favoriser l’activité biologique du sol, du compost, ou la croissance de la vigne.

La plus connue est sans doute la « bouse de corne », ou préparation 500, qui a pour objectif d’améliorer l’activité biologique et la structure du sol. Elle est obtenue en laissant fermenter dans le sol des cornes de vaches préalablement remplies de bouse de vache pendant tout un hiver, avant d’être pulvérisée.

J’ai contacté Demeter, l’organisme principal de certification pour l’agriculture biodynamique, afin de connaitre leur opinion sur la place des animaux dans leur philosophie. Il se trouve que je n’étais pas la première, et qu’il avait même rédigé un communiqué spécial que je vous invite à lire si ça vous intéresse.

Cheval ou tracteur ? Le meilleur ami du viticulteur

Un autre point qui pourrait poser problème à certains d’entre vous : il est assez fréquent que les viticulteurs soucieux de travailler la vigne de manière douce utilisent des chevaux pour labourer le sol.

Pour cela, le cheval est attelé à un outil léger que le vigneron enfonce dans le sol pour retourner la terre. Cela leur permet de ne plus employer de désherbant chimique, puisque le désherbage est fait de façon mécanique. L’autre gros avantage est que les chevaux ne tassent pas le sol autant que les tracteurs, ce qui permet notamment à l’eau de mieux s’infiltrer et aux racines de se développer plus facilement.

L’agriculture bio-végétalienne, la méthode qui va changer le monde

Bon, après avoir plombé le moral de tout le monde depuis le début de cet article, il est grand temps d’annoncer une bonne nouvelle : il est possible techniquement de se passer du fumier et autres fertilisants du même acabit. C’est ce qu’on appelle l’agriculture bio-végétalienne, et ça commence tout juste à émerger. Si vous parlez anglais, je vous recommande cette vidéo de Mic The Vegan qui vous expliquera tout ça mieux que moi (il est possible de mettre des sous-titres en anglais, mais pas en français). Pour les autres, il faudra continuer à lire.

Le principe est de remplacer toutes les pratiques que j’ai décrites dans cet article par :
– L’utilisation de compost et purins végétaux
– La couverture du sol par des engrais verts (trèfle, luzerne, moutarde…), de la paille…
– Le maintien d’un sol vivant et aéré
– La rotation des cultures et la diversité culturale
Le tout en bio, évidemment.

La révolution est en marche

À l’heure actuelle, c’est encore une pratique très (très très très très) marginale et peu connue. Pour la vigne, il sera sûrement nécessaire de procéder à des expérimentations pour mettre au point des méthodes que les vignerons pourront adopter en toute confiance.

Signe encourageant, l’agriculture bio-végétalienne fait déjà l’objet d’un standard européen : l’ABV, pour Agriculture Biocyclique Végétalienne. EVE Vegan, l’un des organismes qui certifient les produits vegan, est également responsable de délivrer le label « Standard Biocyclique Végétalien ». Et il semblerait que des vignerons soient intéressés par la certification. Affaire à suivre, mais on a hâte !

À nous, la Vinganie, d’encourager ces vignerons et agriculteurs qui font le choix d’une méthode 100% végétale. De mon côté, je ne manquerai pas de vous en parler chaque fois que je pourrai. Et si jamais vous connaissez un domaine ayant adopté cette pratique, n’hésitez pas à le dénoncer !

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